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mercredi 6 novembre 2013

La couleur des sentiments

Kathryn Stockett

Un siècle après la guerre de sécession, les conditions de vie des noirs se sont certes améliorées  aux Etats-Unis, mais étaient-ils, au XXème siècle, dans les années 60, si  affranchis que cela ? la liberté de disposer de leur personne, ils l’ont obtenue, mais la marge d’action reste alors bien faible et le respect des  droits des noirs en tant que personnes n’est pas de mise. C’est le message que nous livre Kathryn Stockett  dans ce formidable roman à trois voix ou se livrent trois femmes qui communiquent leur ressenti de manière très convaincante grâce à la plume d’une auteure de talent.
Qu’ont-elles de commun ces trois femmes ? un caractère indépendant, une personnalité hors norme qui leur permet d’affronter l’injustice, le mépris, la méchanceté, l’hypocrisie. Aibileen, la femme sage qui aime les enfants et qui se soumet par obligation, Minny la bonne terrible capable du meilleur comme du pire à l’égard de ses « patronnes,  et skeeter,  la résistante passive qui possède un regard différent sur la condition noire.
L’intrigue, qui  s’insinue avec beaucoup de finesse au cours de l’histoire sous la forme d’ un récit de l’expérience d’Aibileen,  celle de Minny, puis celle des autres bonnes va devenir un brûlot qui couve un certain temps : c’est une magnifique maitrise du suspense qui se manifeste sans brutalité (A part quelques évènements qui surviennent chez les noirs comme chez les blancs) et qui monte jusqu’à la fin. Les idées défendues par les uns et les autres sont clairement exposées et laissent supposer les tensions futures.
Par contraste, le fait de voir se côtoyer noirs et blancs met en évidence les travers ou les conditions des deux classes sociales : ces dames de la haute, que font-elles de leur temps ? des ventes de charité qui, précise Skeeter,  servent à envoyer de l’argent aux enfants en Afrique (et certainement pas pour faire le bien  autour de soi, encore moins vis-à-vis des bonnes), les bonnes, elles s’affairent à tout ce qui peut faire tourner une maison. Hilly Apparaît autant méchante et fourbe qu’Aibileen est franche et juste, Miss Célia dépressive et maladroite ne peut rien sans Minny  qui vraisemblablement va lui sauver la vie, Miss Leefolt a bien autre chose à faire que de s’occuper de ses propres enfants et laisse ce soin à Aibileen qui leur apporte tout ce dont ils ont besoin.
Le seul tout petit bémol que je me permettrais de mentionner, c’est que je suis restée sur ma faim et que j’ai été surprise que le roman soit terminé. Il m’est difficile d’en dire plus sans dévoiler la fin.

Ne passez pas à côté de ce chef d’œuvre si vous ne l’avez pas lu !

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