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mardi 27 décembre 2016

Miss Pérégrine et les enfants particuliers T1


Ransom Riggs
Ed Livre de poche

Superbe roman, qui plaira aux ados comme aux adultes. J’y ai retrouvé tout ce que j’aime : un ado narrateur avec qui on vit l’histoire, qui exprime son ressenti de telle sorte que le lecteur fait lui-même partie de l’histoire, des aspects très « Harry Potter » avec  cette maison recevant  des enfants particuliers qui y vivent en communauté, des côtés Xmen, sans oublier un côté obscur sans lequel nos héros n’auraient pas de raison d’être, une exploitation du thème du temps bien menée, des photographies qui attisent la curiosité, petit plaisir supplémentaire dans l’histoire, petite satisfaction quand, en tournant une page, je tombais sur un ou plusieurs de ces clichés fascinants.

Pas de longueurs dans ce livre et une action qui monte progressivement jusqu’à la fin, de telle sorte que j’ai eu bien des difficultés à abandonner pour dormir (encore un roman terminé à deux heures du mat !), on ne peut pas dormir en laissant cet épisode final en plan.

J’ai hâte de commencer le deuxième tome car ce premier livre me semble garantir beaucoup d’action, la fin invitant à poursuivre l’aventure.

Les enfants particuliers introduisent le lecteur dans une communauté où chacun possède son caractère, son originalité, ses affinités et qui sont capable, en dépit des querelles et des tensions, de coopérer en utilisant leur particularité. Chacun sa richesse, personne ne semble vraiment exclu.


Mais je m’aperçois que je suis en train de décortiquer le roman alors que je devrais me laisser bercer par cette histoire dont je me souviendrai longtemps. Je suis enchantée de cette découverte.

jeudi 22 décembre 2016

Le charme discret de l'intestin


Giulia et Jill Enders
Ed Acte sud

 
 Tout ce que vous avez voulu savoir sur vos intestins sans jamais oser le demander se trouve dans cet ouvrage fort savant écrit par un médecin qui s’est intéressé à cette question. 

C’est qu’il s’en passe des choses insoupçonnées dans nos entrailles, à commencer par la digestion dont on a tous entendu parler, mais dont on n’a pas conscience, et on se rend compte à quel point la machine humaine est bien constituée, réglée et organisée.

Je ne peux m’empêcher à présent de réfléchir à ce qui se passe au moindre gargouillis qui se fait sentir en moi, de voir des bactéries partout (des bonnes et des mauvaises), de penser au travail de mon système immunitaire, et maintenant quand je mange des cornichons, je sais que je satisfais pleinement mes copines bactéries qui travaillent pour mon bien-être, et je reste surtout admirative de l’œuvre de Giulia Enders qui nous livre un magnifique documentaire très poussé sur le système digestifs, les découvertes extraordinaires et recherches menées sur ce sujet, écrit dans un style humoristique nécessaire à l’ingestion de l’ouvrage que je n’aurais jamais pu lire sans ces passages hilarants qui vous poussent à continuer : les bactéries et la digestion, c’est sympas, mais il y avait de quoi s’assoupir si l’exposé s’était dispensé de cet aspect comique. 
L’exposé sur les bactéries est long, très long et pas toujours abordable pour la non initiée que je suis.


Ce livre, je le garderai (d’habitude, j’envoie voyager les livres que j’ai lus),  car il contient de précieuses informations que l’on peut avoir besoin de se rappeler de temps à autres.


Le royaume des parfums
   

Michelle Nikly, Jean Claverie
Ed Albin Michel Jeunesse


  Ne vous êtes-vous jamais senti projeté ailleurs en sentant une odeur, un parfum ? Ne vous êtes - vous jamais senti bien, ou mal, en respirant je ne sais quelle émanation ?

Personnellement ça m’arrive souvent, hier encore, en me promenant, je suis passée devant une maison et j’ai senti une odeur de cheminée refroidie, le temps était gris et froid, il n’en fallut pas plus pour que je me retrouve chez ma grand-mère un premier de l’an quand autrefois, la visite de l’an nouveau était impérative…

Pourquoi vous parlé-je de cela ? Tout simplement parce que cet album original par son histoire est fait de fragrances qui vous enveloppent et vous ensorcellent, et qui ramènent un personnage dans son enfance.

L’histoire est magnifique, elle ressemble à un rêve où la femme est admirée, choyée, où les hommes sont prévenants et délicats. 

Elle se passe en Orient dans un pays enchanteur où les fleurs exhalent de douces senteurs  au long de la journée, ou les hommes fabriquent des parfums qu’ils offrent aux femmes. Toutefois, seuls les hommes sont autorisés à fabriquer des parfums et se transmettent ce savoir-faire de père en fils. 

Parmi eux, il en est un, Ethan, inconsolable parce qu’il vient de perdre son fils. Sa fille Isé le convainc de lui enseigner les secrets du parfum.


Un album délicat et envoûtant pour le lecteur qui aime solliciter ses sens.

mercredi 21 décembre 2016


La vérité sur l'affaire des trois petits cochons


Témoignage recueilli pa Jon Scieska et illustré par Lane Smith.
Ed Nathan

    C’est décidé, je prends ma carte d’adhésion à l’association de défense du loup, ce mal aimé accusé de tous les maux !!! 

Vous ne me croyez pas ? lisez donc la vérité sur l’affaire des trois petits cochons qui sont vraiment des …. cochons ! Et pas très intelligents en  plus, pour se construire des maisons en paille et en bois !!!! 
Le pauvre loup ! il voulait juste un peu de sucre pour faire un gâteau pour sa vieille grand-maman ! 

Il est donc allé demander à son voisin de la maison de paille, un peu de sucre, mais comme il est enrhumé (le loup, pas le voisin !) il a éternué sur la maison de paille qui s’est envolée (faut pas être très futé pour se construire des maisons en paille ! Le petit cochon n’a pas eu le temps d’aller chez son frère, il est mort sur place, le loup n’allait quand même pas gâcher le manger !!!! et l’histoire se poursuit et …. 

Pauvre loup ! lui qui m’a bien fait rigoler, elle est trop courte son histoire, à diffuser pour que justice soit faite et que ces petites terreurs de cochons cessent de mettre la pagaille !!!!


Voilà, j’aime bien cette version du conte qui réhabilite le loup avec de belles illustrations qui donnent l’impression que notre ami le loup va bondir du livre.

mardi 20 décembre 2016

Le papillon du cœur


Sophie Guiberteau, Lee Jin-Kyoung
Ed Flammarion


Encore un gros coup de cœur pour un album jeunesse d’une finesse inouïe et inoubliable !

Cet album me fait littéralement fondre d’admiration ! Une morale, il y en a une, mais je n’ai même pas envie d’en parler, d’abord pour laisser le lecteur la découvrir, ensuite parce que je ne veux pas redescendre sur terre : je veux rester prisonnière de la beauté  et de la poésie de cette œuvre d’art.

Il s’agit d’une légende coréenne : l’histoire d’amour d’un roi et d’une reine sur une presqu’île de l’Asie orientale. Ce roi et cette reine s’aimaient tendrement et faisaient rejaillir leur amour sur la contrée, et tout le monde était heureux…

Un texte poétique et des estampes délicates dans des tons pastels, dans lesquelles on a envie de se plonger, de se prélasser.  Un monde fait de douceur, au milieu des papillons qui volettent dans l’histoire, un monde fragile qui peut se voir perturbé par quelque événement que je ne dévoilerai pas.


N’hésitez pas à placer ce trésor dans votre bibliothèque.

lundi 19 décembre 2016

 La Mamani


Sandra Nelson, Sébastien Pelon
Ed Flammarion


 La Mamani est le titre d’un joli album, qui vous berce par ses illustrations tout en douceur, tout en rondeur, avec des angles adoucis pour la plupart des dessins, sauf ceux dans lesquels intervient le mal et l’épreuve pour une petite fille courageuse. Des illustrations  très parlantes grâce auxquelles on comprendra la teneur des événements qui surviennent sans lire le texte.

On y retrouve un peu de la culture latino-américaine avec la mamani qui reçoit, en échange de ses services, des galettes de maïs séchée qu’elle offre à la déesse de la Terre, la Pachamama.


La Mamani est une sorcière bienfaisante qui guérit, console, aide, mais qui ne peut exercer ses pouvoirs sur l’île des poupées dominée par Salamanca, le méchant sorcier le plus puissant qui, en volant les poupées des enfants, leur dérobe leurs rêves. 

Anita veut sauver sa sœur malade et privée de ses rêves, et retrouver sa poupée et celles des autres petites filles, elle a besoin d’aide. La Mamani va l’accompagner jusqu’au lac et va faire son possible pour l’aider jusque-là, mais Anita devra ensuite braver seule les dangers de cette mission.


Un magnifique conte qui comblera de bien-être les petits comme les grands !

mercredi 14 décembre 2016

  
La fille de Guillaume le mal-peigné.


Françoise Richard, Anne Buguet
Editions du Jasmin

  Un jeune homme, qui n’est pas nommé, rencontre par un matin pâle (imaginez sa promenade dans la brume d’un matin d’hiver, au bord de la lande…), un homme qui l’entraîne au casino (l’auteure précise alors, que c’est étonnant car il n’y avait à l’époque, guère de casinos en Bretagne, toutefois, cela ne devrait pas être choquant pour le lecteur de conte qui connaît le côté intemporel de ce genre d'écrit).

Le Jeune homme perd une grosse somme, et le vieux, dit Guillaume le mal-peigné, le rassure en lui disant qu’il lui avance cet argent et qu’il viendra le rembourser dans un an, jour pour jour.

Le jeune homme revient un an plus tard, et ne rencontre à cet endroit, qu’une vieille femme qui déclare que Guillaume le mal-peigné est le diable en personne. Elle décide de l’aider…

Ce beau livre m’a interpelée quand je suis allée fureter du côté des albums jeunesse de ma bibliothèque : une jeune bigoudène qui tient sa coiffe à cause du vent, quand on est Bretonne, ca incite à la curiosité. 

J’ouvre délicatement le livre et je me retrouve plongée dans ma Bretagne natale : face à une grande illustration représentant une maison comme là-bas, cachée derrière une haie d’hortensias, quelques bateaux couchés qui attendent patiemment que la mer leur donne vie, et au premier plan, un jeune homme au chapeau rond, dont on fera connaissance prochainement. 

Ca sent très bon tout ça !
L’histoire commence par un « Eur Wej a oa »  (il était une fois) puis deux autres formules comme ont l’habitude de les prononcer nos conteurs armoricains, sorte de tradition pleine de charme, qui annonce le début de l’histoire, puis commence le conte écrit au présent, comme si le lecteur était un témoin direct de l’histoire. 

Cela ne fait aucun doute : cette histoire doit certainement être connue depuis la nuit des temps et a certainement été racontée maintes fois dans les veillées. Elle regorge de tout ce que l’on peut rencontrer d’extraordinaire dans les contes bretons : le religieux, les créatures bienfaisantes ou malfaisantes, et il comporte tout ce qui peut divertir les auditeurs : des expressions bien de chez nous, des situations comiques, un certain suspens, des épreuves, de quoi remplacer avantageusement la télé lorsque les gens se retrouvaient pour passer la soirée.

Les illustrations (qui peuvent paraître un peu « cliché » pour les non-initiés ) sont à la fois classiques avec des dessins sortis tout droits du pinceau d’un peintre naïf, et vieillotes, chaque planche illustrée semblant insérée dans la pierre ciselée dans laquelle à chaque page, sont sculptés des motifs représentant des éléments de la nature propres à protéger le foyer comme on en trouve sur les maisons bretonnes. 

L’illustratrice a poussé le bon goût jusqu’à emprunter une couleur de police différente pour chaque page, de préférence une couleur dominante de la page d’illustration ! Quelle finesse !

Il est des albums qui ne feront jamais le top des ventes, et c’est bien regrettable car celui – ci est un bijou qui mérite largement d’être diffusé et d’avoir sa place dans une collection.


Amis babéliotes,  je vous adresse le « kenavo » de rigueur après cette critique

lundi 12 décembre 2016


Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur


Harper Lee
Ed le livre de poche


   Je suis enchantée d’avoir lu ce roman devenu culte et je me sens attachée à chacun des personnages, même si on y rencontre quelques être bien peu attachants qui par leur présence, renforcent les sentiments que l’on peut avoir pour les protagonistes : l’institutrice de première année de scout (qui m’a fait bien sourire) met en évidence par son comportement, l’intelligence déliée de la fillette, Bob Ewel, apparemment le mal incarné, fournit au lecteur de précieux renseignements sur la société de ces années 30, Boo Radley nous fait découvrir des trésor de malice chez les enfants, La tante met en relief la personnalité d’Atticus, belle personne altruiste qui transmet à ses enfants, des valeurs humaines qu’ils pourront cultiver lorsqu’ils seront adultes.

J’ai beaucoup aimé la première partie pleine d’humour, faite des jeux des enfants, de la complicité de Dill avec scout et Jem, le côté « garçon manqué » de Scout, son refus des convention et des mœurs de la bonne société de l’époque, dénonçant les inégalités dues au rang que l’on occupe dans  la communauté.

J’ai apprécié Atticus qui mériterait une chronique à lui seul, personnage à l’aise dans son rôle d’avocat au point qu’on a l’impression tout au long du roman, qu’avec sa logique implacable, d’une plaidoirie à chaque fois qu’il prend la parole, j’ai trouvé cela délicieux, particulièrement un passage dans lequel il amène habilement son fils à se trahir. Atticus profondément humain, qui incite son entourage à ne pas juger sur les apparences (voir le passage où Mrs Henry Lafayette Dubose,  cette vieille femme malade,  insulte les enfants et leur père).  Atticus qui contre vents et marées protège l’homme noir emprisonné et se moque de ce que l’on peut raconter dans les foyers.

Et puis survient le problème de fond, celui du racisme ambiant, celui des communautés qui ne se mélangent pas, si les noirs ont contact avec les blancs et pénètrent dans leur communauté pour une question d’emploi, les blancs ne fréquentent pas les communautés noires, ce n’est pas une surprise, on retrouve cette situation dans la couleur des sentiments, la couleur pourpre et bien d’autres écrits. Un passage très fort de ce présent roman montre bien combien la ségrégation est ancrée dans la société, je veux parler du chapitre dans lequel Scout et Jem se rendent à l’Eglise avec Calpurnia, dans la communauté des gens de couleur. Je crois que de tout le roman, c’est l’un des passages avec le jugement de Tom Robinson qui m’a le plus marquée.

J’ai abordé ce roman volontairement sans avoir lu aucune critique afin de le découvrir seule, sans interrogation préalable, et j’en ressors tout de même avec quelques questions : qui sont vraiment ces Radley dont on fait un mystère ? Je pensais le découvrir, mais sans doute n’était-ce pas très important, il fallait garder en soi cette part de mystère…
Pourquoi les enfants appellent-ils leur père par son prénom ? pas de réponse précise.
Par deux fois, j’ai fait marche arrière dans le livre pour vérifier l’âge de scout et j’ai trouvé très étonnant que cette fillette de huit ans, si intelligente qu’elle soit, ait été capable de se faire une idée de la vie, de suivre un procès et de la commenter, j’ai répondu à cette question en me disant que c’était peut-être une adulte qui se rappelait son enfance, sans aucun doute Harper Lee qui livre dans ce roman, une partie de son histoire.


Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est une œuvre grandiose qu’il faut avoir exploré dans sa vie de lecteur.

lundi 5 décembre 2016

Loup-gris

Jean-Marie Robillard, Sébastien Mourrain
Ed Milan


   Dans la série des p’tits loups gentils, voici un nouvel album : c’est l’histoire d’un livre qui se constitue dans le livre avec un peu de tous les livres présents dans l’histoire … pas clair ? bon je parlerai alors de la mise en abyme qui fait l’originalité de cet album : un petit loup nommé « Loup-Gris s’ennuie dans son histoire, une histoire où il ne se passe rien, où il n’y a rien à voir : pas la moindre petite fleur, rien que Loup-Gris. Il va rendre visite à d’autres loups dans leur livre, mais ils ne peuvent pas grand-chose si dans le sien, il n’y a pas de grand-mère, pas de petit chaperon rouge, pas de chevreau… Notre pauvre Loup-Gris, désespéré, s’apprête à retourner dans son livre, quand tout à coup, une petit oiseau (celui de la cage chez la grand-mère, déclare pouvoir l’aider. Ils se serviront dans les livres pour que l’histoire de Loup-Gris devienne moins terne.
Un bel album dont l’auteur effectue une mise en réseau avec d’autres albums, et qui amène à se demander ce qu’est une histoire pour les plus jeunes, et pourquoi pas, une base de travail en écriture pour les enfants afin de les amener à enrichir un récit.
Les illustrations sont surprenantes : elles ressemblent à des dessins d’enfant tout en douceur et apaisants.


A lire sans modération pour voyager d’histoire en histoire et revoir ses classiques.

dimanche 4 décembre 2016

La couleur des émotions

Anna Llena
Ed les quatre fleuves


 Aider les enfants à percevoir leurs émotions, tel est l’objectif de ce merveilleux livre. Une couleur par émotion. Dès la première page, survient le monstre des couleurs qui se sent « bizarre, perdu, désorienté… une petite fille va l’aider parce que ses émotions sont mélangées et il ne sais plus ce qu’il ressent : elle lui explique les émotions avec les couleurs : la joie en jaune, le tristesse en bleu, la colère en rouge et la peur en noir, la sérénité en vert. Très beau livre animé interactif qui amène les enfants à se questionner sur leurs émotions et avec l’aide de l’adulte, apprendre à les exprimer pour pouvoir ensuite réfléchir, raisonner et faire tout ce que le cortex cérébral ne peut faire  lorsqu'il est confronté aux émotions. Un très bon outil pour les parents et certainement un coup de cœur des albums jeunesse pour moi !

samedi 3 décembre 2016

Un agneau pour le dîner

S Smallman - J. Dreidemy
Ed Milan




    Encore une tite histoire toute mignonne (même s’il s’agit du loup) et humoristique qui conviendra de 3 à 99 ans. Le loup en a marre de manger de la soupe de légumes, et qui frappe à sa porte ???? un beau petit agnelet bien appétissant mais frigorifié (il faut dire qu’il neige et qu’il fait froid !!!) le loup, cachant ses desseins morbides et gourmands l’invite à se réchauffer, mais l’agneau,  qui a faim, se met à gargouiller, le loup se dit alors qu’il risque une indigestion s’il le mange et lui donne une carotte, et l’agneau attrape le hoquet, et le loup lui vient en aide…et peu à peu, le loup s’attache au pauvret !

Une histoire qui me rappelle vaguement le grand méchant renard en plus simple et plus adapté aux petits avec des illustrations très drôles et très attendrissantes ! 

jeudi 1 décembre 2016



Cocci - La petite coccinelle cherche ses tâches...


Jean-Michel Chaubard - Marie-Eve Tremblay

Mic Mac éditions.

     Festival du livre oblige, je me suis rendue à la bibliothèque de mon école, à la recherche de quelques pépites à mettre sous la dent de nos petites têtes blondes, mmmmmmmmmmm ! ça sent bon le livre ! Et je me retrouve happée par cet album aux illustrations attirantes : toutes colorées de rouge et de vert, sa complémentaire, de quoi m’exciter les cellules photosensibles ! et de quoi avoir envie d’admirer ces beaux grands dessins d’insectes rampants, volants et autre éléments naturels (beau champignon !!!).Ouaahhhh je voudrais avoir trois ans pour me réfugier dans ce décor !!!!


L’histoire en elle-même n’a rien d’extraordinaire, si ce n’est qu’elle est toute mignonne, comme son héroïne : la coccinelle. La pauvrette a perdu ses points à cause du vent fort qui se fit sentir dans la nuit, elle se réfugie sous sa maman pour se cacher car elle ne veut pas qu’on la voie ainsi, pensez-vous, une coccinelle sans point ! Mais bon, elle rencontrera des gentils qui ne demandent pas mieux que de l’aider. Une petite histoire sympa pour les plus petits. 

mercredi 30 novembre 2016

Lascaux



Texte et illustration : Emily Arnomd Mc Cully
Ed :  l'école des loisirs


   Ils étaient quatre enfants de Montignac,  prompts à découvrir le monde, qui, incités par la curiosité et le mystère, partirent à la découverte d’une grotte comme il y  en avait beaucoup dans le coin, mais celle-ci coïncidait peut-être avec un couloir souterrain menant au château d’un noble de la région qui y aurait sans doute caché son or, et un trésor, il en découvrirent un, et de taille ! Ils durent d’abord se heurter à l’incrédulité de l’instituteur … et pourtant, Leur découverte allait révolutionner le monde de l’art…

Marcel Ravidat, , Jacques Marsal, Simon Coencas et Georges Agnel furent les premiers à fouler le sol de ces souterrains inviolés depuis plus de dix-mille ans.

Cet album merveilleusement illustré fait sans aucun doute partie des meilleurs documentaires en ce qui concerne la grotte de Lascaux. Très lisible à partir de huit ans, il continuera à captiver les plus âgés et constitue une bonne source d’information pour les adultes. 

L’auteur précise bien que les enfants ont raconté leur aventure, puis ont été sollicités pour des interviews et que plusieurs versions de l’histoire en résultèrent, c’est pourquoi aujourd’hui, on peut lire des informations divergentes mais qu’importe ! cette histoire est fascinante : je ne peux m’empêcher essayer de me mettre dans la peau de ces enfants : l’un d’eux venait de recevoir un enseignement de son instituteur sur l’art pariétal, et il trouve ces peintures et réalise de suite l’importance de cette découverte, j’en frissonne !

L’album est très agréable à lire, les illustrations vous plongent dans le monde de Lascaux, une partie documentaire fait suite au récit de la découverte avec des photos d’époque et une description des œuvres  et de photos des parois. Le livre s’ouvre sur un plan du site qui permet de s’y repérer.

Emily Arnold McCully est un auteur d’albums jeunesse américaine qui a fait des études d’histoire de l’art, cet album est son œuvre, elle en a rédigé l’histoire et elle l’a illustré.


Très bel ouvrage que je conseille !

samedi 26 novembre 2016



Gaston, le petit garçon qui n'arrêtait pas de poser des questions.


Matthieu de Laubier, Marie Aubinais, 
Gwenaëlle Boulet, Catherine Proteaux

Ed Bayard jeunesse




  Cet ouvrage pour enfants et parents,  très bien organisé, tente de regrouper les questions que peuvent se poser les enfants sur divers sujets, questions que nos jeunes amis ont un jour posé ou seront amenés à poser. Le livre est divisé en chapitres qui traitent de thèmes différents : pourquoi on n’est pas tous pareils ? pourquoi on se tape dessus ? ou j’étais avant de naître ? pourquoi je ne peux pas faire ce que je veux ? … et chaque chapitre comprend 6 à 8 questions qui fournissent une réponse argumentée et à la portée de l’enfant.

L’écrit y est très abordable pour un enfant à partir de 7 ans et peut être lu par les adultes avant cet âge. Il est très facile de s’y repérer : un sommaire pas trop long, chaque page présente le petit Gaston qui pose sa question à un adulte (Papa, maman, mamie…) et cet adulte qui lui répond, et parfois deux adultes ayant des points de vue différents sur la question. La page de droite illustre très agréablement la question et sa réponse.

Une vingtaine de pages à la fin sont consacrées aux parents et reprennent chaque chapitre pour expliquer certaines notions de psychologie de l’enfant et donner quelques conseils en éducation.
Le contact avec ce livre est agréable, la couverture est rembourrée et on a envie de le caresser.


Une belle idée de cadeau pour Noël. 

vendredi 25 novembre 2016


Le conte chaud et doux des chaudoudoux

Claude Steiner, Pef
interéditions



  Oyez ! oyez ! bonne gens et gentes babéliotes, l’histoire, dans des temps très anciens,  de Timothée et Marguerite qui vivaient heureux, très très heureux et avaient beaucoup d’amis grâce aux chaudoudoux  que les habitants du village recevaient à leur naissance. chacun pouvait distribuer des chaudoudoux, et ceux qui en recevaient se sentait tout chauds,  tout doux. Et on était heureux.

Mais la sorcière Belzépha n’aimait pas voir les gens heureux, elle ne vendait plus de philtres et de potions, elle sema quelques graines de jalousie dans l’esprit de Timothée et peu à peu dans le village, on se mit à économiser les chaudoudoux, mais Belzépha ne se contenta pas de cette méfiance des habitants, elle distribua des sacs de froid-piquants, et ceux qui en recevaient devenaient froids et hargneux, mais disait-on,  faute de chaudoudoux, il vaut mieux recevoir un froid-piquant car sans aucun des deux, on risquait de se ratatiner et même de mourir !

Cet album merveilleux est le fruit du travail de Claude Steiner, psychologue et disciple d’Eric Berne, le fondateur de l’analyse transactionnelle dont l’objectif est d’apprendre à gérer la communication, d’étudier les rapports entre les personnes en fonction de sa personnalité.

Ce conte est chargé d’enseignements pour les grand et les petits, et le plus important des messages qu’il délivre, c’est que l’on se sent bien quand on reçoit une caresse, un compliment, que l’on nommera en AT, un stroke positif et qu’il vaut encore mieux un stroke négatif (froid-piquant) que de l’indifférence. 
On comprendra alors aisément pourquoi des enfants voire des adultes peuvent se faire remarquer par le négatif.

Et la morale de cette histoire, c’est qu’il faudrait pouvoir garder une âme d’enfant : ne pas se poser trop de questions, et que nous, adultes, nous avons une grande responsabilité auprès des plus jeunes, nous avons à leur apprendre à distribuer de toute urgence, des chaudoudoux.

Cet album est utilisé lors des formations en Analyse Transactionnelle et il y aurait encore beaucoup à écrire sur cette pépite, mais je laisse le soin aux lecteurs de le découvrir et de lui réserver une belle place dans la collection des albums jeunesse.


Mon île déserte se remplit, j’ai de quoi bâtir une hutte avec les livres que je veux emmener, et cet album fait partie du voyage.

mercredi 16 novembre 2016

  La légende de la ville d'Ys


Charles Guyot
ed Coop Breizh

    Le roi Gradlon règne sur la Cornouille et se meurt de langueur car il pleure feue Malgwen, son épouse bien aimée. Satisfaire les caprices de sa fille bien aimée, la belle Dahut est sa seule consolation, pour elle il fera naître une ville, Ys,  sur laquelle Dahut estime régner en maître excluant tout représentant du Dieu des Chrétiens, offrant la richesse aux habitants. La ville devient aux yeux des autorités religieuses un lieu de débauche, de luxure, et Corentin, St patron de la ville de Quimper veille et promet par l’intermédiaire de St Guénolé, ascète breton, le châtiment aux habitant d’ys s’ils refusent de se repentir…

Cet écrit de Charles Guyot date de 1926, la légende la plus ancienne que l’on connaisse sur la ville engloutie date du XVème siècle, elle fait donc certainement partie des histoires populaires racontées alors pour obtenir l’adhésion des populations à la foi chrétienne. 

Deux mondes s’opposent tout au long du récit : celui des saints, des ermites, de l’austérité grâce laquelle on est sensé gagner le paradis et celui des celtes en communion avec les éléments (ici la mer), celui des créatures, notamment  les korrigans et les sènes, prêtresses du culte ancien d’Armorique qui servaient un oracle sur l’île de Sein.

Je n’ai pas eu la chance de voir la version de Pierre de Baud (version du XV ème siècle) certainement très difficile à lire, mais je tombe en pamoison à la lecture de ce texte de Charles Guyot qui m’a bercée plusieurs jours durant. Les personnages de Malgwen et Dahut et le cheval de Gradlon, Morvac’h  (cheval de mer en breton)  y ont été rajoutées en 1926 mais qu’importe, l’écriture est magnifique, le lire à nouveau sera pour moi grand plaisir !


samedi 12 novembre 2016

 Lucky Luke : la terre promise

Achdé et Jul
Scénario de Morris
Ed Lucky Comics

 Nous retrouvons notre cow-boy solitaire bien en peine ! Lui qui se prélassait dans les verts pâturages de l’Ouest, se voit confier la charge d’escorter la famille Stern vers le Montana. On assiste donc à un choc des cultures qui ne manque pas d’humour. Notre sympathique famille juive s’adapte certes aux exigences de la prairie,  tout en respectant rites, coutumes et interdits liés à leur pratique religieuse. Les personnages principalement Moishé Stern, puits de sciences qui tire parfois son savoir de ses ancêtres lointains et Rachel Stern, la mère juive qui prend Lucky Luke sous sa coupe ne manquent pas d’humour et deviendront au fil de l’histoire le cauchemar d’un cow-boy qui avait pourtant affronté bien d’autres personnages autrement dangereux ou perturbateurs.


Un album rempli de clichés et de clins d’œil savoureux que je laisse aux lecteurs le soin de découvrir.

dimanche 6 novembre 2016


La grande vague


Véronique Massenot - Bruno Pilorget
Ed Canopé

   Un bel album au texte superbe et aux illustrations envoûtantes qui amène les lecteurs à découvrir la grande vague de Kanagawa par le biais d’un conte superbement écrit. 

Le texte pourrait presque être qualifié d’interactif car les émotions des personnages se communique étrangement au lecteur, c’est du moins mon ressenti. 

Il retrace l’histoire de Naoki, enfant né miraculeusement de la grande vague qui submerge le bateau de Taro, pêcheur de son état qui recueille l’enfant pour l’élever avec sa femme Aki. 

L’histoire regorge de mystères qui seront résolus ou non, mais qu’importe, puisque l’on passe un merveilleux moment de lecture.

Le conte et les illustrations forment un tout, on ne lit pas le texte sans regarder les dessins façon estampe, et on ne regarde pas les dessins sans lire le texte. 

Ces illustrations reprennent les éléments présents dans les œuvres d’Okusaï parmi lesquelles les poissons, les arbres, le mont Fuji cher au grand peintre et l’histoire ne manque pas de mentionner la fête de Koi Nobori, fête des enfants, durant laquelle des carpes deviennent des manches à air qui s’envolent vers le ciel en se transformant en dragons.

Le livre se termine sur une reproduction de la grande vague et un exposé agréablement présenté sur Okusaï et son œuvre.


Un album à conseiller pour s’initier à l’art. 

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre.



Ruta Sepety
ed Gallimard



  Un roman magnifique et effroyable à la fois ! 
Kaunas, en Lituanie 14 juin 1941, juste avant que les Allemands n'envahissent les pays baltes. Les soviétique se livrent à une épuration planifiée
 par Staline : on arrête les écrivains, les artistes, les enseignants, et toute personne ayant une activité intellectuelle et qui serait susceptible de travailler contre le pouvoir central. C'est dans ce contexte que Lina, jeune lituanienne de 16 ans est condamnée à être déportée. 
Roman effroyable parce que si J'ai déjà entendu parler des conditions de détention en Sibérie, je constate à la lecture de ce roman-témoignage que l'extermination dans ces camps n'étaient pas toujours directe comme dans les camps Allemands, pas d'élimination systématique mais une mort quasi certaine, une mort progressive dans des souffrances atroces, souffrances morales, souffrance physique, maladie tournée en dérision par des gardes monstrueux, à vomir !!!! 
Une question m'est venue : pourquoi n'a -t-on pas décidé d'un devoir de mémoire pour ces gens ? Parmi les réponses possibles, l'existence d'une URSS et de son parti unique durant toutes ces décennies qui si elle a libéré les déportés dans les années 50, s'est assurée de leur silence, le KGB les surveillant étroitement. C'est ainsi que les quelques témoignages recueillis proviennent d'écrits et dans le roman présent, de dessins d'artistes qui ont été enfouis au moins jusqu'à l'indépendance des pays baltes en 1991. Les survivants sont aujourd'hui encore réduits au silence par leur âge, par l'habitude, par le fait d'avoir refoulé des souvenirs si longtemps. 
Roman magnifique pourtant par la richesse humaine en laquelle il faut croire : Helena, la mère de Lina intelligente, vive, d'une finesse extraordinaire, et chaque personnage, agréable ou non, a son rôle et contribue à l'équilibre de cette société a qui l'on inflige des travaux inhumains. le ressenti de tous ces personnages bien différents s'exprime et c'est ce qui fait la richesse de cette histoire.
Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce roman admirable : documentaire précieux sur les conditions de détention au-delà du cercle polaire, je me suis attachée aux personnages à tel point que je n'ai pas voulu refermer ce livre avant de connaître l'issue pour chacun de ces êtres humains déportés, oeuvrant ou non pour l'intérêt de la communauté, chacun étant un héros dans l'histoire.
Merci aux babéliotes qui ont rédigé une critique de ce roman et qui m'ont permis de le découvrir.

mercredi 2 novembre 2016

 L'enfant des cimetières.


Sire Cédric
Ed pré aux clercs


   Ouaaaaaaaaahhhhhhhhhh ! Que j’étais bien dans ce livre !!!!! Tout ce que j’aime : d’abord un thriller avec un commandant de police comme je les aime : effronté, dynamique, à la personnalité bien affirmée, qui se moque de ce que peuvent décréter ses supérieurs, et ensuite,  au risque de paraître sans cœur, insensible voir sadique, des crimes, des vrais crimes bien mystérieux, et puis le plus : du surnaturel, de celui contre lequel un humble humain ne peut rien, et qui vous titille parce que vous vous dites qu’il doit bien y avoir un dénouement, vous vous demandez comment on va s’en sortir, et ça vous maintient dans le roman à ne plus pouvoir le refermer, à vous rationner dans la lecture pour faire durer le plaisir du suspens, allez pas plus de trois pages par jour, mais vous tenez pas, faut que vous sachiez … 
Et puis vous regrettez de l’avoir lu parce que maintenant que vous connaissez la fin, y a plus de mystère alors… 
Il y a des fois ou je me surprends moi-même, moi, la sensible Ptitgateau qui ai facilement les larmes aux yeux quand l’occasion s’en présente dans une lecture… et bien là, point de cauchemars suite à ce roman, point de terreur, juste un peu d’angoisse malgré tout lors des scènes ou le surnaturel prend les commandes et que vous savez qu’il n’y a pas d’issue pour la victime et que le méchant est vraiment très méchant. 
Il faut croire que je ne prends pas ces scènes terribles pour argent comptant !

Ce que j’ai particulièrement apprécié également, c’est le contraste entre forces de police incrédules et rationnelles et les forces surnaturelles puissante et pratiquement invincibles. 

Sire Cédric, dans ses remerciement affirme que ce roman lui a donné du fil à retordre, ce que je veux bien croire .


Je n’avais jamais lu de roman de cet auteur , et je me disais qu’il fallait que je m’y intéresse, ça y est, c’est fait, et je ne le regrette pas ! 

mardi 1 novembre 2016


Lou, la brebis


Karin Serres, Hervé le Goff
coll Père Castor, ed Flammarion.


  Un joli petit album qui commence mignonnement sur un sol de neige où sont imprimées des petites pattes de brebis, une petite brebis qui marche toute seule … il faut dire que Lou, et oui c’est son prénom, est exclue de sa communauté à cause de ce fichu prénom, elle ne peut se faire d’amis parmi ses congénères, alors elle part à la recherche d’un ami…


Vous l’aurez compris, un album très parlant et émouvant sur l’exclusion et la tolérance, sur les idées reçues et le jugement. A proposer à vos enfants et à utiliser comme base de réflexion ou à lire simplement pour s’émouvoir et parfois sourire en observant les illustrations.

vendredi 28 octobre 2016


Un monde fantastique


Ana Gerhard - Claudia Legnazzi
ed la montagne secrète



  Après une brève introduction, cet album présente vingt œuvres de grands musiciens célèbres parmi lesquels Purcell, Tchaïkovski, Mendelssohn, Debussy, Saint Saëns…, peut-être suis puriste, mais dans le titre, une initiation à la musique classique est annoncée, or, nombre de morceaux ne font pas partie de la musique classique, celle que l’on écoutait entre 1750 et 1820. Je pense que l’auteur a tout bonnement appelé musique classique ce que l’on écoute par opposition à la musique populaire.

Si les illustrations sont très agréables à regarder, le texte de cet album est sans fantaisie, voire austère, écrit en petits caractères, un texte lourd ponctué de « nous » : nous écoutons, nous voyons apparaître des fées…, un vocabulaire non adapté à la lecture d’un enfant de moins de 12 ans, et je ne sais pas si un enfant plus âgé s’y intéresserait dans la mesure ou moi-même, adulte, j’ai bien des difficultés pour aborder le texte.

Par ailleurs, le livre comporte une biographie des compositeurs étudiés, et joie !!!! un glossaire des termes musicaux sur lequel je me suis penchée, et qui transforma ma joie en désespoir : je cite : rythme : distribution des sons et des silences dans un temps… anacrouse : note ou ensemble de notes non accentuées en temps faible, qui précède le premier temps accentué en temps fort d’une mesure… comment je fais si je ne sais pas ce qu’est un temps en musique ? et une mesure ? Je passe mon temps dans le glossaire.

Je crains fort que nos jeunes amis ne soient pas attirés par cet ouvrage. L’impression qui se dégage de ma lecture est curieuse : on dirait un livre écrit pour les adultes afin qu’ils transmettent des connaissances aux enfants. La première de couverture est pourtant attrayante et je me réjouissais de pouvoir consulter ce livre, l’idée était pourtant intéressante, dommage !


Ce livre est donc utilisable par un adulte à des fins d’enseignement, les morceaux du CD accompagnant l’album étant très agréables à écouter, choisis parmi des œuvres narratives afin que les enfants puissent les vivre en se racontant l’histoire et correspondant biens aux analyses qui en sont faites dans le texte.

mardi 25 octobre 2016

Une guerre d'extermination.
Espagne 1936-1945




  La guerre civile espagnole ne fut pas qu’une guerre dont l’objectif premier n’était que la prise de pouvoir par un général d’extrême droite. L’Espagne connut en amont, une période de forte instabilité politique (succession de la dictature de Primo de Rivera et d’un front populaire contesté par les « latifundistas » ou propriétaires terriens, par le clergé, par les ouvriers eux-mêmes). Dès le début du siècle, la classe bourgeoise reçoit un message amené par les catholiques d’extrême droite au sujet d’une alliance secrète entre les juifs, la franc-maçonnerie et l’internationale communiste dont l’Espagne serait la cible, complot qui viserait à détruire la chrétienté. Cette propagande s’immisce insidieusement en Espagne et s’alimente en raison des mesures anticléricales prises par le gouvernement républicain de cette période : plus de direction d’établissements par des gens d’Eglise, obligation de mariage civil, mesures provoquant la colère des religieux influents qui se rangeront du côté des rebelles.

Ces tensions eurent pour conséquence une incitation à la haine par l’extrême droite forte de ses éléments nationalistes, carlistes (royalistes), phalangistes, catholiques et qui se livrera, comme le titre l’indique, à une extermination des dissidents. Notons que les dissidents dans le cas présents, ne sont pas que les membres du parti républicain, mais toute personne ne répondant pas au profil attendu par le pouvoir usurpé. (Voir citation).

Paul Preston présente dans cet ouvrage, une étude poussée des événements de la guerre civile espagnole visant à montrer que tout au long de cette guerre, on légitima le massacre de milliers de gens sous couvert de lois décrétées par des généraux  (les africanistas, des militaires qui firent carrière dans l’armée coloniale au Maroc, réputés être des brutes sanguinaires). Le général Franco s’efforcera par la suite de fournir durant quarante ans, une version de cette guerre au peuple espagnol, niant la terreur d’un peuple, visant à donner une vision falsifiée et avantageuse de cette période à l’étranger.

Fruit d’un travail de recherche conséquent, ce livre fait l’inventaire, parfois bien difficile à soutenir pour le lecteur, des exactions commises durant l’occupation de l’Espagne par les militaires organisés en colonnes de la mort progressant vers chacune des régions et répandant terreur et deuil parmi les populations : on exécute les républicains, les familles des républicains, les ouvriers, les femmes, les enfants…on humilie les hommes, les femmes (fréquemment tondue et obligées à ingérer de l’huile de ricin),  à se demander comment des hommes ont pu se livrer à une telle barbarie.
Je n’ai pu m’empêcher d’établir un lien entre la seconde guerre mondiale et la guerre civile espagnole, d’autant plus que Franco a travaillé en collaboration avec le régime nazi : des militaires qui se livrent à des exactions, une chasse aux rouges, décrétés sous-hommes par les rebelles qui se sont emparés du pouvoir. Un certain Antonio Vallejo Nágera prouvera par des recherches dites scientifiques, qu’il existe un « gène rouge » et établira un lien entre marxisme et déficience mentale, et fort de ces découvertes, affirmera qu’il existe une race espagnole pure. A l’instar d’Hitler développant sa politique d’extermination des juifs, Les phalangistes et autres nationalistes se livreront à l’extermination du « rouge ».

La guerre civile espagnole est peu connue du publique, et il est parfois difficile d’entrer dans un roman se déroulant dans le contexte de cette guerre, mais après lecture pas toujours aisée de cet ouvrage, je vais me sentir très à l’aise avec les connaissances de base à posséder sur la guerre civile. Lire des romans sur la question après ce livre m’apparaît presque nécessaire pour se faire une idée de la guerre, non plus d’un point de vue des forces en présence, mais pour étudier le ressenti des populations terrorisées lors de la progression de ces colonnes de la mort, lors de la prise des villes qui tombèrent aux mains des nationalistes les unes après les autres.

Cet ouvrage restera certainement longtemps un ouvrage de base pour toute étude poussée sur la question de la guerre d’Espagne, bible de l’historien ou de l’étudiant ou des personnes qui désirent parfaire leurs connaissances de cette terrible période. 

Je recommande cet ouvrage en avisant les âmes sensibles de s’abstenir.




jeudi 20 octobre 2016



La boîte aux mots interdits


Marie Bataille, Ulises Wensell

Editions  : Bayard Jeunesse

Collection : les belles histoires.


   Maître Toa possède une belle et mystérieuse boîte d’ébène dont il est le gardien. Il faut dire que Maître Toa est professeur de dignité et chez lui, on ne doit parler qu’avec des mots sérieux. Dizi Toa, son fils, déclare qu’il n’est  pas comme sa grande sœur, qui fait toujours des chichis à table. Horreur !!!! maître Tôa s’empare de ce  « chichi » et court l’enfermer dans sa boîte.

Mais Dizi Toa profite de l’absence de ses parents pour aller voir du côté de la boîte d’ébène, et il entend tous  les mots qui le supplient de les libérer. Il ouvre précautionneusement la boîte et… tous les mots s’échappent, envahissent le voisinage qui semble les apprécier…

Je viens de dénicher une pépite pour enfants pas trop sages qui ne demandent qu’à s’amuser avec les mots interdits de Marie bataille et son complice, Ulises Wensell. Ces deux compères montrent aux adultes que notre langue regorge de petits mots marrants à utiliser sans modération. L’histoire est très drôle et donne envie de d’utiliser les mots interdit pour s’amuser, ce que nos jeunes amis ne manqueront pas de faire après avoir lu ce bel album.

Les illustrations sont superbes : les personnages sont vêtus de jolies tuniques japonaises aux couleurs reposantes, ils évoluent au milieu d’un décor de cerisiers, de pagodes dont on aperçoit les toits, décor simple qui laisse la place aux mots matérialisés sous forme de bulles colorées munies de bras et parfois de pattes, des mots tordus, biscornus, coquins, espiègles qui rient, qui tirent la langue et font mille pirouettes… des mots toujours très corrects.


Un bon conseil amis lecteurs : n’ayons pas peur de ces mots !!!

samedi 15 octobre 2016


Les pêcheurs



Chigozie Obioma
Editions de l'olivier

  Où l’on raconte la longue et inexorable descente aux enfers d’une famille nigériane : quatre frères : Benjamin (le narrateur), Ikenna, Boja, et Obembe, profitent de l’absence de leur père, représentant incontestable de l’autorité dans la famille, pour aller pêcher dans le fleuve interdit Omi-Ala. Au cours d’une de leurs parties de pêche, ils croisent Abulu le fou, personnage malfaisant, qui s’adressant à Ikenna, l’aîné de la fratrie, lance un malédiction : Ikenna mourra de la main d’un de ses frères. Cette prophétie va bouleverser la famille, d’autant plus que les prédictions du fou semblent connues pour se réaliser. Et l’on assiste au morcellement d’une fratrie précédemment unie, à la déchéance d’une famille dans un pays où les malédictions, prophéties et autres sortilèges ont la vie dure.

Ce roman constitue un excellent ouvrage pour étudier le profil psychologique de personnages. il conduit à analyser une action de départ et ses conséquences, s’interroger à propos de ces gens qui se prétendent capable de voir l’avenir,  montrer comment on se forge une destinée à partir de faits qui nous conditionnent et peuvent nous amener à agir en fonction d’une réalité que nous nous créons et sur laquelle nous finissons par n’avoir plus aucune prise. C’est sans doute cela le destin.

Les personnages au cours du roman, délivrent chacun leur vérité et présentent des différences bien marquées qui les rendent très intéressants :

Le père, autorité incontestable, aux principes sur lesquels on ne revient pas,
La mère, qui agit en accord avec les lois du patriarche, garde tout de même sa personnalité et ses convictions. Personnage à la personnalité affirmée, avec ses points forts et ses faiblesses, avec son âme de mère qui ressent les soucis de ses enfants au plus profond d'elle même.

 Les frères dont on observera l’évolution du comportement en fonction des événements qui surviennent dans le roman chacun ayant sa propre sensibilité. 

Abulu le fou, personnage répugnant et immonde qui possède intérieurement certainement plus de bestialité que d’humanité, et néanmoins fascinant.


Ce premier roman de Chigozie Obioma est très bien écrit et c’est un pur plaisir de déguster ce texte. j’ai eu parfois l’impression de retrouver la plume de Yasmina Khadra. Je vous conseille cette pépite qui fera assurément partie mon top 10 de l’année !

vendredi 30 septembre 2016


Assumer son autorité et motiver sa classe


Claire Lavédrine
Ed De Boeck


        Voici un ouvrage qui ne m’a peut-être pas apporté énormément quant à ma pratique d’enseignante, car en 32  ans de service dont 25 ans en ZEP où j’exerce toujours, j’ai  bénéficié d’un certain nombre de d’heures de formation de type PNL  (programmation neuro linguistique), analyse transactionnelle, aide aux enfants en difficulté de comportement et comme Claire Lavédrine, j’ai eu le temps de me familiariser avec toutes ces pratiques. Toutefois, je conseille vivement ce livre à tout enseignant en recherche de pistes pour asseoir son autorité, ou tout enseignant débutant qui aura à cheminer pour parvenir à évoluer dans cette profession.

Le livre est très bien organisé : à la fin de chaque chapitre, on trouve une fiche récapitulative contenant les principaux conseils formulés dans le chapitre. L’auteure  passe en revue tous les aspects d’une communication réussie : le langage, la façon de s’adresser aux jeunes, son attitude corporelle, la voix, la relation affective, la gestion mentale et comment tenir compte du mode de gestion des informations de nos élèves et inclut même des techniques de marketing au service de l’enseignement. 

Ce livre est une mine d’idées pour gérer sa classe. Le seul inconvénient de cet ouvrage, c’est ce foisonnement d’idées qui le rend extrêmement dense, d’où la nécessité d’y retourner régulièrement ou de lire un chapitre de temps à autre afin de se mettre en mémoire les innombrables suggestions que l'on y trouve.


Je dois avouer que j’ai souvent du mal à lire les ouvrages de pédagogie plein de jargon et de belle idées pas toujours réalisables en classe, mais celui-ci se lit facilement et reste captivant du début à la fin. Chers collègue, n’hésitez  pas à vous le procurer.

samedi 24 septembre 2016


Novecento: pianiste


Alexandro Baricco
Ed folio


   Un concentré de poésie que cet écrit composé pour pour le théâtre. Le texte en lui-même,  rythmé  par les mouvements de l'océan omniprésent, rythmé volontairement par  l'auteur par je ne sais quel prodige, vous berce et vous enveloppe dans une sorte de cocon littéraire dans lequel vous vous sentez bien, et que vous ne voulez sous aucun prétexte quitter.

Voici donc mon état d'esprit après avoir refermé cette pépite.

Le récit par lui même n'est pas dénué d'intérêt ! L'histoire originale de  Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento  né sur un bateau, trouvé dans son carton sur un piano, et qui n' jamais posé les pieds à terre, qui n'a jamais quitté sa "mer" et qui deviendra le plus grand pianiste au monde, Novecento que la gloire n'intéresse pas. Son histoire nous est contée par un témoin oculaire, Tim Tooney, le trompettiste du bateau qui se lie avec l'artiste,  sous forme d'un superbe monologue.

Génial le duel musical entre novecento et le pianiste de génie qui s'embarque sur le bateau afin de donner une leçon à notre artiste déconnecté !

J'ai lu cette œuvre parce que je vais avoir la chance d'aller écouter André Dussolier au théâtre et je suis ravie d'entendre ce texte lu par un grand acteur.

Je vous conseille cette lecture !