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samedi 22 avril 2017

La prisonnière




Malika Oufkir, Michèle Fitoussi
ed livre de poche


Une histoire terrible, effroyable, telle est l’histoire de Malika Oufkir, fille du général Oufkir officiellement « suicidé » après une tentative de coup d’Etat contre la personne du roi du Maroc, Hassan II qui assouvit son désir de vengeance en décidant de bannir la famille. 
C’est ainsi que Malika, l’aînée, se retrouve d’abord éloignée de la civilisation, dans le désert, avec sa mère et ses cinq frères et sœurs, le plus jeune, Abdellatif n’ayant que deux ans. 

Transféré ensuite dans deux autres lieux de détention, dans des conditions que le commun des mortels ne supporterait pas : dormir sur des matelas plein de vermine, au milieu des scorpions et des rats, devoir cuisiner des aliments putrides, guérir comme on peut des maladies, et surtout garder la tête haute et l’esprit clair grâce à une radio soigneusement cachée, à de la marche dans sa cellule, à des astuces en tous genres qui permettent de survivre. 
Et c’est grâce à l’ingéniosité de chacun qu’ils parviendront à s’évader en creusant un tunnel… redécouvrant la liberté, mais à quel prix ? oubliés de la plupart de leurs relations pendant vingt ans, ou ignorés par peur des royales représailles il leur sera bien difficile de revenir à leur vie d’avant. Abdellatif n’a rien vu de cette vie, il refuse même lors de l’évasion, de mettre les pieds sur la route d’asphalte, ne sachant pas de quoi il s’agissait.

Une histoire que je ne suis pas près d’oublier, et qui génère chez moi une grande admiration pour ces héroïnes silencieuses qui souffraient alors que le monde entier ignorait leur situation, et une grande envie de révolte pour ces hommes qui détiennent le pouvoir et en abusent, ces hypocrites capables d’encenser les personnes jusqu’alors détenues parce que les politiques étrangers ont été mobilisés et que l’opinion internationale adressait des regards noirs au  Maroc.


Je salue le courage de Malika Oufkir et sa famille à qui on a volé vingt années de leur vie ! 

mardi 28 mars 2017


L'amie prodigieuse


Elena Ferrante
Ed Folio


Lina et Elena ou l'histoire d'une amitié prodigieuse par la façon dont elle se maintint au long des années d'enfance et d'adolescence, amitié tumultueuse et conditionnée par un environnement pauvre, par une communauté typique de l'Italie du sud de l'époque qui ne demandait qu'à s'épanouir économiquement, une communauté attachée à ses principes, ses valeurs, une société machiste, qui entretient  les jalousies, la violence, les querelles et les inimitiés tenaces perpétuées  par la société dans la société que forme le groupe d'enfants qui deviendra une bande d'adolescents qui, si elle veut croire en un avenir prospère, n'en reflète pas moins la réalité sociale de l'époque.

On constatera d'ailleurs, que les tensions dans ce groupe proviennent de beaucoup plus loin, d'un temps où la génération des parents a connu elle aussi des déchirements liés à l'économie, la guerre, et à entretenu de vieilles querelles.

Pas facile de grandir et d'évoluer pour nos deux héroïnes, l'une bruyante, ardente, mais impuissante à gérer sa vie comme elle l'aurait entendu : Lila, surdouée, faite pour les études, au destin contrarié et Elena discrète qui travaille dans l'ombre pour aller dans ce premier tome, vers on ne sait trop quel avenir, ce que les tomes suivants ne manqueront certainement pas de nous apprendre.

En refermant ce livre, je me sens partagée. J'ai mis du temps à le lire, certainement en raison des longueurs que j'ai souvent ressenties en suivant l'évolution de ces adolescents au comportement d'adolescents, avec leurs soucis d'adolescents, ce qui ne fait pas partie de mes centres d'intérêts, mais je me suis beaucoup attachée au personnage d'Elena, courageuse Helena tout en sensibilité et en questionnement, Elena, témoin silencieux des événements, des injustices, des travers de cette société.

J'ai parfois éprouvé des difficultés à comprendre cette amitié hors du commun de deux filles que tout oppose, depuis les traits de caractère jusqu'aux agissements, amitié ou concurrence ?

Si Helena semble attachée à Lila, il fut à maintes reprises bien difficile d'évaluer les sentiments de Lila en lisant le portrait qu’en fait son amie. C'est sans doute cela l'amitié : désaccords et tolérance mutuels.

Je me suis demandée à maintes reprises jusqu'à la fin de ce premier volet, si j'avais envie de poursuivre en lisant les tomes suivants, et je n'ai plus aucun doute à la lecture des cinq dernières lignes ! Elles laissent entrevoir une suite bien tumultueuse et intéressante et j’ai hâte de savoir ce que deviendront ces personnages.




dimanche 5 mars 2017

Découvrir sa voix.



Michel Hart,
Sylvie Heyvaert.
Ed du Rocher

Voici un ouvrage très complet susceptible d’intéresser toute personne soucieuse de prendre soin de sa voix, de veiller à prendre la parole dans de bonnes conditions, de ménager ses cordes vocales.

Michel Art est acteur, chanteur et professeur de chant, et Sylvie Heyvaert est danseuse et professeur de qi gong, il communique donc généreusement son expérience et elle donne d’excellents conseils à toute personne qui pourrait rencontrer des problèmes de voix.

Très technique, parfois peut-être trop technique, le livre débute par une explication très claire du principe de l’émission d’un son par un instrument de musique et montre que parler ou chanter ne présente pas de différence : toujours une force motrice : le souffle, un vibreur : les cordes vocales, un résonateur : la bouche. 

Les auteurs se livrent ensuite à une description très poussée des éléments qui entrent en jeu lors de la phonation, description très utile pour comprendre comment fonctionne le système vocal chez l’homme et remédier aux éventuelles difficultés dans les professions où la voix est sollicitée. 

Ils proposent des exercices et des tests à faire très intéressants pour découvrir la voix et ses possibilités.

Vient ensuite un exposé sur la voix parlée et les déséquilibres possibles, les problèmes pouvant être rencontrés dans certaines professions, particulièrement les enseignants qui sont amenés à parler beaucoup et travaillent dans un milieu souvent bruyant, un chapitre étant dédié à la voix dans l’enseignement maternel et primaire avec des exercices pour les enseignants, mais aussi pour les enfant  qui doivent apprendre  à gérer leur voix et à la moduler.

 un autre chapitre étant destiné aux professeurs de collège et lycée.

L’ouvrage termine savamment sur la voix chantée, les différences entre le chant traditionnel, l’opéra et d’autres techniques vocales variées.

Ce documentaire est vraiment très intéressant. Je regrette le côté très technique dont je me serais bien passée parce qu’inutile pour comprendre les conseils fournis par les auteurs : savoir que les muscles externes (les crico-thyroïdiens) font basculer le cartilage thyroïde sur le cartilage cricoïde, ce qui provoque l’allongement des cordes vocale ne me fut pas d’un grand secours. C’est sans doute très utile et parlant pour les orthophonistes qui prendront connaissance de ce livre.


Je remercie babélio et les éditions du Rocher pour ce partenariat.

mardi 7 février 2017

Le bonheur est dans le préau.


Boualem Aznag, Stéphane Grulet
Ed jungle

   Que vous soyez enseignant ou non, il y a pour vous danger : mourir de rire, voilà ce qui vous attend si vous ouvrez la première page de ce livre ! amis et collègues, n’ayez pas peur de la dérision, car ce livre n’est que parodie, même s’il y a beaucoup de vrai dans les descriptions du comportement de l’instit.

Vous y trouverez des tests : « quel prof fatigué es-tu ? es-tu maîtresse de maternelle ? des conseils divers (à ne pas forcément suivre, des témoignages (y compris des maris d’enseignants), des rubriques "demandez au spécialiste" par trois éminent pédagogues, (celui que je préfère étant Jean-Roger, psychologue et chauffeur routier , qui consulte régulièrement sur la RN60 à hauteur de Courtenay), un comparatif prof/pas prof (voir citation), des analyses très sérieuses qui vous aideront à comprendre pourquoi vous avez raté votre séance de lecture, des idées de séance (comment enseigner la lettre Q aux enfants), une description de 24 heures de la vie d’un prof, et faute de moyen, de la pub Avec l’excellentissime magazine « Parents-prof dont je ne peux m’empêcher de dévoiler la première page d’une d’entre elles : rubrique temps libre : que faire pendant ses sept mois de vacances par an, sexe : réveiller le désir après une réunion parent-prof, pratique : faire semblant de surveiller la récréation.

Ceci n’est pas une liste exhaustive, et vous aurez encore beaucoup à découvrir sur ces êtres fascinants que sont les instits.

Je garde précieusement ce trésor à ma portée pour m’offrir quelques instants d’hilarité quand le besoin s’en fait sentir !

lundi 6 février 2017

Le cas Malaussène - Ils m'ont menti.



    Dans l’émission, la grande librairie à laquelle François Busnel avait invité Daniel Pennac lors de la sortie de ce nouveau volet de la saga Malaussène, François Busnel enviait les Français qui n’avaient pas encore lu cette série parce qu’ils avaient encore le bonheur de la découvrir ! Heureuse que je suis parce qu’il reste encore deux tomes, malheureuse que je suis parce que j’ai déjà avalé le premier.

Quel bonheur en effet de retrouver Benjamin, et sa génération avec une Verdun (juge Talvern) à la personnalité bien affirmée et la génération suivante (C’est Un Ange, Maracuja, Monsieur Malaussène). 

Quel bonheur de retrouver cette famille aux personnages tous plus originaux les uns que les autres, avec des idées bien à eux, cette famille disparate et ô combien unie.

Ce premier tome est très prometteur ! une nouvelle notion jusque-là inexplorée et qui risque fort de transformer notre Benjamin en super bouc emissaire : les Vévés : auteurs de la vérité vraie, qui contribuent à la prospérité des éditions du Talion, et dont Malaussène doit assurer la protection, particulièrement celle d’alceste, victime d’une tentative d’assassinat.

J’ai eu parfois des difficultés à imaginer Benjamin Malaussène dans ce rôle de coordinateur des protection d’un individu, haute responsabilité pour un bouc Emissaire, Malaussène qui donne l’impression de ne faire que passer, Malaussène, le coupable parfait, Malaussène qui ne voit rien de ce qui se joue, qui tout au long du roman, est volontairement étranger à l’intrigue, laissant venir à lui l'actualité et les informations sans s'y intéresser.

J’apprécie toujours autant les dialogues auxquels il participe, plein d’esprit et de réparties, ces petits apartés intérieurs délicieux pour le lecteur.

L’intrigue est bien originale voire loufoque, et c’est sans doute une des innombrables raisons du succès de cette saga.

Daniel Pennac, lors de l’émission, se déclarait prêt à ajouter un 11ème droit imprescriptible du lecteur : le droit de s’endormir sur un livre qu’on aime. Je peux donc dire que je me suis endormie sur ce livre, dans un sentiment de bien-être et en ayant le plaisir au réveil de savoir que je pouvais encore le lire parce que je n’avais pas terminé.


J’espère que je vais à présent réussir à trouver le repos en attendant la suite !!!Et que Daniel ne nous laissera pas trop languir.

jeudi 26 janvier 2017


Miss Pérégrine et les enfants particuliers T3



Ransom Rigg
Ed Bayard Jeunesse


Voilà ! Terminé la belle, longue, édifiante et préoccupante histoire de Miss Pérégrine et de ses enfants particuliers. 

Ce troisième tome a tout à fait sa place dans cette trilogie et assure  au lecteur une montée régulière mais certaine de l’angoisse et du suspens où  de nouveaux personnages plus étranges les uns que les autres évoluent avec grand courage dans un milieu bien hostile. 

Ce qui me reste de ce livre, c’est d’abord la noirceur que je n’ai pas mal vécue parce qu’elle me semblait nécessaire afin de mettre en évidence l’héroïsme des personnages, mais noirceur tout de même ! 

Pour se faire une idée de ce que vivent nos particuliers et dans quelle atmosphère ils évoluent, il faut penser à l’Angleterre victorienne et à l’environnement obscur dont nous enveloppent certains auteurs comme Charles Dickens, Bram stoker, Charlotte Brontë, à cette atmosphère malsaine que l’on rencontre dans les milieux pauvres où les miséreux ont l’air plus miséreux encore parce qu’ils sont placés dans des lieux sordides, nauséabonds, glauques. Ce que j’écris là peut faire fuir le lecteur, je le reconnais, mais je crie haut et fort que je suis resté accrochée à l'histoire parce que j'ai passé du temps à me demander : mais diable ! comment vont-ils se sortir de là… particulièrement lorsqu'ils descendent ce fleuve qui pour moi n'est autre que le Styx, sur l'embarcation de Sharon, sans aucun doute Charon, le passeur qui les emmènent vers les enfers...

L’ouvrage est toujours illustré de photos soigneusement sélectionnées pour offrir au lecteur une vision de presque tous les personnages, tous plus fascinants les uns que les autres, à qui aurait une particularité encore plus originale que le voisin. 

Mais attention toutefois à ces personnages, ce n’est pas le plus vil en apparence qui est le plus mesquin, calculateur, malhonnête et ce n'est pas non plus le plus élégant, riche et prometteur qui est le meilleur. 

la dernière partie de ce roman réserve bien des surprises aux heureux lecteurs qui ne l’aurait pas encore découvert. 

Pour ne pas dévoiler, j’affirmerai seulement que la fin, surprenante, est juste la fin qu’il fallait à ce roman… mais je n’en dis pas plus !


Mon année littéraire commence très bien avec cette trilogie !

jeudi 5 janvier 2017


Miss pérégrine et les enfants particuliers T2.


Ransom Rigg
Bayard Jeunesse

    Après un premier tome de présentation des personnages et de la situation des particuliers et qui donne au lecteur la teneur du volume suivant, nous voici plongés dans l’aventure avec nos courageux héros qui se soutiennent, se complètent et font preuve d’un courage hors du commun.  Ils sont d’abord condamnés à une errance , affrontant la tempête sur les flots qui les sépare définitivement de leur chère île dont la boucle protectrice s’est fermée, cherchant  désespérément une autre boucle temporelle, tentant de protéger leur ombrune, où ce qu’il en reste,  à la merci des estres et autres monstres repoussants… leur vie n’est pas un long fleuve tranquille… 

combien de fois me suis-je sentie, effrayée, rassurée, terrorisée, apaisée, comme si je faisais partie de l’histoire… prête à poursuivre cette aventure avec le troisième tome (et hélas le dernier… enfin peut-être…) qui, je l’espère, m’offrira le même type de récit, sans longueur, avec très souvent des personnages nouveaux, des surprises énormes,  un suspens extraordinaire et ces  photos qui agrémentent le récit et aident à se représenter ces particuliers.

deux mots  pour terminer : viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite !!!!!!!! la suite !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!